Le deuil : les étapes pour mieux le comprendre.

par | 10 Mar, 2023 | Aidant, deuil

« Ce dernier trimestre, nous avons entendu beaucoup de questionnements concernant le deuil, les réactions des personnes qui ne réagissent pas forcément lorsqu’un proche s’en va.

Nous profitons de cet article pour vous partager quelques informations concernant les étapes du deuil. Elles nous été transmises par un intervenant des Pompes Funèbres Générales. »

Milène

Qu’est ce que le deuil ?

Le deuil désigne à la fois la perte et le chagrin mais également l’état dans lequel se trouve la personne endeuillée. Pour faire face à la perte d’un être cher, nous devons passer par une période de chagrin qui exprime en fait les difficultés de détachement. Peu à peu, il faudra revisiter tous les souvenirs, mais aussi les projets, les rêves et accepter la situation du « plus jamais ».

Avant de parcourir le chemin du deuil et réamorcer de nouveaux projets, plusieurs étapes sont nécessaires pour accepter la nouvelle de la disparition du proche et la remise en cause de la vie.

Quelles sont les étapes du deuil ?

L’acceptation de la nouvelle de la perte de son proche

L’être humain est conscient que sa vie va se terminer par la mort. Le décès d’un proche nous ramène à notre propre mort : « Normalement je suis le prochain sur la liste ».

La disparition d’un proche est un choc qui se traduit par l’impression que le temps se fige sans que nous puissions revenir en arrière.

L’étape du « ce n’est pas possible, je ne peux pas y croire… » va prendre moins d’ampleur avec le temps et laisser place à la seconde étape.

La révolte contre la perte.

Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?

Toutes ces questions que la personne endeuillée se pose entrainent une dépense d’énergie physique et mentale considérable.

La dépression.

L’état de fatigue consécutif à l’intégration progressive de la nouvelle va rapidement aboutir à un laisser-aller, à des tensions physiques et psychologiques.

La baisse de pression ( dépression ) est nécessaire pour récupérer plus tard son énergie. Si la dépression du deuil est normale, elle apparaît souvent comme honteuse ou coupable. Le ralentissement des activités, la difficulté à prendre des décisions, la chute du dynamisme naturel sont souvent combattus à l’aide d’artifices comme les médicaments. Anxiolytiques ou antidépresseurs ne doivent pas être bannis à tout prix mais en aucun cas ils ne doivent être pris systématiquement.

Le travail de deuil passe par une souffrance incontournable liée directement à l’acceptation progressive de la perte irréversible.

La récupération.

La dépression a une fin. L’issue paraît souvent impossible aux endeuillés récents : s’en sortir un jour, retrouver le sourire, une joie de vivre naturelle… C’est pourtant possible après cette période de dépression, grâce à de nouveaux projets qui vont voir le jour. La récupération est parfois entrecoupée de périodes de « retours en arrière », retour à la dépression à la faveur de l’anniversaire du décès ou même lors d’une fête collective.

Récupère-t-on vraiment un jour finalement ?

On peut dire que le deuil est abouti lorsque la personne perdue est intériorisée, qu’elle persiste sous forme de souvenirs ; comme le personnage d’une histoire définitivement close, mais aussi comme un proche bon et parfois moins bon.

Concrètement que pouvons nous faire ?

Dans nos relations, qu’elles soient familiales ou professionnelles, nous voulons toujours aider une personne endeuillée. Cet acte est instinctif, il nous pousse à protéger l’autre et nous conduit par tous les moyens à tenter de remédier à cette douleur dont le spectacle crée un sentiment d’urgence.

Avant toute chose, il faut savoir que l’aide apportée doit être continue et durable dans le temps. En effet, la douleur devient plus forte quelques mois après le décès. C’est à ce moment là qu’il faut d’autant plus être présent.e.

Il faut laisser la personne en deuil faire son propre chemin, sans chercher à l’influencer, ni lui dire de réagir ou de se « ressaisir », elle en est incapable.

Chacun essaiera de faire de son mieux car il n’y a pas de bonne ou de mauvaise attitude à adopter. L’important est d’être là. Face à la souffrance, on reste souvent sans voix, on ne sait que dire, on se sent impuissant.

Avant toute chose, le besoin de la personne endeuillée est de parler, encore et encore, de ce qu’elle est en train de vivre.

« Raconte-moi ce qu’il s’est passé. »

Une des idées fausses concernant le deuil est qu’il est préférable de ne pas parler de la personne décédée et de faire comme si rien n’était. Demander à l’endeuillé ce qu’il s’est passé est un soulagement, une invitation à parler en détail de ce qui nourrit sa peine : les circonstances de la maladie ou de l’accident, les derniers instants, tout ce qui a été dit et partagé… Ce récit est nécessaire. Il est bien sûr douloureux mais si on reste présent aux côtés de la personne sans chercher à la calmer à tout prix, ni à fuir sa souffrance qui nous fait pourtant peur, alors on lui apporte authentiquement l’aide dont elle a besoin.

Le silence doit être accepté: ne rien dire et ne rien faire. Parfois, il suffit d’être là, de se manifester par un appel, une lettre ou un message pour apporter réconfort et soutien.

« Qui as-tu perdu ? « 

Qui était cette personne disparue ? Quelle était la relation qui existait entre vous deux ? Il faut explorer ce lien de façon répétée au fil des mois. Ce retour en arrière aide à prendre la véritable mesure de tout ce qui a été perdu et rend compte du travail intérieur que la personne doit accomplir.

« Où en es-tu aujourd’hui ? « 

Dans la réponse, nous attendons que la personne endeuillée aborde trois points :

  • Physiquement : le corps aussi vit le traumatisme de la perte. Il faut, très régulièrement, faire le point sur l’état de santé de la personne : on a trop souvent tendance à la négliger lors du deuil.
  • Psychologiquement : il est nécessaire de laisser les émotions s’exprimer. Le fait de laisser la personne s’exprimer- sans jugement- est une aide importante. Elle peut ressentir de la colère, de la culpabilité, de la tristesse…
  • Matériellement : il est important de prendre en compte d’éventuelles modifications de la situation financière de la personne endeuillée. Celles-ci peuvent avoir une incidence directe sur le déroulement du deuil. Elle peut avoir besoin d’aide dans ses démarches administratives ou sociales. Vous pouvez également proposer une aide pratique quotidienne.

Dans tous les cas, soyez simple et directe dans votre offre et ne proposez que ce que vous serez capable de tenir dans la durée. Ne vous contentez pas de suggestions car une personne endeuillée demande rarement de l’aide.

Le deuil d’une personne prend parfois beaucoup plus de temps que ce que l’on imagine. il faut s’armer de patience. C’est grâce à votre présence constante que votre soutien deviendra inestimable.

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